Témoignage. Elzéar Blaze

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Témoignage. Elzéar Blaze

Message par La Flamme le Jeu 2 Juin 2011 - 10:02

Elzéar Blaze est né en 1786. Il s'engage en 1804 dans les vélites de Garde Impériale, puis passe par l'école militaire de Fontainebleau.

Il prend part aux campagnes de 1806-1807 comme sous-lieutenant. Il est ensuite envoyé en Espagne. Il se retire en 1819 avec le grade de capitaine. Son ouvrage le plus connu, "La vie militaire sous le Premier Empire", fourmille d'anecdotes :

"Autrefois, le soldat recevait gratis une culotte qu'il ne portait presque jamais; on lui faisait payer un pantalon qu'il portait toujours. Les entrepreneurs de linge et chaussure, spéculateurs, visant à la consommation, farcissaient les havresacs de grandes guêtres blanches et noires, de bas, de cols noirs et blancs, toutes choses seulement utiles à ceux qui les vendaient. En garnison, les soldats devaient conserver tous ces effets sous peine d'en acheter d'autres le lendemain.

Mais au premier bivouac, en entrant en campagne, chacun réduisait son sac à la plus simple expression, en le débarrassant de toutes les inutilités. Les colonels, les capitaines d'habillement, riaient sous cape,ils étaient certains qu'aussitôt la paix faite, ils vendraient de nouvelles culottes.

L'administration militaire a fait des progrès depuis la paix. Aujourd'hui le soldat reçoit un pantalon de drap, et c'est une grande amélioration ; la culotte n'existe plus.Je n'ai jamais compris que sous Napoléon, quand nous étions toujours en guerre,le soldat fut vêtu de l'ignoble culotte, qui, lui serrant le jarret, l'empêchait de marcher librement. Bien plus, le genou recouvert par une grande guêtre qui se boutonnait dessus, était encore serré par une nouvelle jarretière serrant la jarretière de la culotte. Au-dessous un caleçon lié par un cordon, venait encore embarrasser le jarret. Voilà, tous comptes faits, trois épaisseurs d'étoffe, deux rangées de boutons superposées, et trois jarretières,destinées à paralyser les efforts des plus intrépides marcheurs.

Pour porter ce costume,il faut être bien bâti, bien fait ; il faut avoir les jambes garnies de belles protubérances. Un hommes de vingt ans n'est pas encore formé; nous recevions même des conscrits qui n'en avaient que dix-neuf ; cet accoutrement leur donnait un air tout à fait godiche : il seyait au contraire très bien à la Garde Impériale, qui ne se battait qu'en grande tenue.

Source : Elzéar Blaze. La vie militaire sous le Premier Empire.
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Re: Témoignage. Elzéar Blaze

Message par Fricoteur le Ven 3 Juin 2011 - 13:55

Je l'ai toujours pensé : il nous manque le caleçon réglementaire. scratch
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