Les femmes sous l'Empire (2)

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Les femmes sous l'Empire (2)

Message par La Flamme le Lun 23 Jan - 19:11



La nonchalance des viennoises.

Le langage est à peu près identique chez les soldats français qui se trouvaient à Vienne en 1809. La prostitution y était plus immorale mais moins scandaleuse qu’à Paris. On ne comptait que cent quinze filles publiques enregistrées ; elles n’avaient point la permission de provoquer les passants et se promenaient sur les boulevards ou au Prater. Elles n’avaient pas le droit d’aller chez elles avec leur client mais pouvaient se rendre chez le client ou dans une auberge. Leur santé n’était pas inspectée par la police mais elles n’étaient arrêtées à la moindre plainte. Il y avait à Vienne en 1809 quatre maisons publiques, depuis l’arrivée des Français, on voyait un grand nombre de courtisane non enregistrées, de mères proposer leur fille, de grisette conduisant leur galant chez leur père, qui, sans quitter son ouvrage, ouvrait sa chambre à coucher et saluait poliment l’amant de passage.
Les juifs et les moines se chargeaient de faciliter les intrigues d’un plus haut rang. Le manque de nourriture après le siège de Vienne en 1809 conduisait même des comtesses et des baronnes à proposer leurs bijoux en échanges de nourriture et à défaut à finir par se proposer. Un officier français ira jusqu’à dire : « Sur dix femmes qu’on rencontrait à Vienne pendant notre occupation, neuf étaient des dames de moyenne vertu ». Les maladies syphilitiques étaient assez rares à Vienne avant des Français ; d’après les médecins elles centuplèrent en un mois. Les Français trouvaient qu’il n’y avait rien de plus doux qu’une Autrichienne, car chez elle l’amour est un culte et de plus, quant elle s’attache à un Français elle l’adore dans toute la force du terme.

L’exaltation des italiennes et des espagnoles.

La préférence des soldats français allait très largement au italiennes qui passaient pour être peu cruelles et de mœurs faciles ; elles se livraient avec tout l’abandon de la passion ou du désir ; les Allemandes s’offraient presque sans résistance et n’attachaient pas plus d’importance aux faveurs qu’elles n’y prenaient de plaisir. Le général Desaix écrivait en 1797 que les italiennes avaient le venin de l’amour et le mal de Naples sévissait particulièrement en Italie et en Espagne. Les filles et femmes espagnoles étaient « avides de plaisir, surtout de ceux de l’amour ». « Je me meurs pour le militaire français » était la phrase habituelle qui faisait la joie de toute l’armée de la Péninsule.

Des règlements peu appliqués.

Les généraux essayaient parfois de limiter les dégâts et de chasser les prostituées. Dans l’austère corps de Davout, un ordre du jour daté du 18 mai 1811 « prescrivait aux officiers de santé des corps de visiter tous les huit jours les sous-officiers et soldats pour s’assurer qu’ils n’étaient pas atteints de maladie ». Un an plus tard un règlement fut affiché à l’attention des troupes de la garnison de Rostock :
Art. 10. Toute fille se promenant seule avec des soldats, sera arrêtée et conduite dans la prison de Rostock.
Art. 11. Toute fille arrêtée la nuit dans le camp, aura les cheveux coupés, la figure noircie et sera promenée dans les lignes.
Art. 14. Tout militaire ou autre attaché à la division trouvé dans une maison de filles publiques sera envoyé pour quinze jours à la garde du camp ». Malgré toutes ces tentatives de réglementation les maladies vénériennes restaient avec le typhus et la gangrène la cause première des maladies dans les hôpitaux.



Texte de Mr Alain Pigeard.
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