Campagne de 1805

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Campagne de 1805

Message par Alex Le Prestre le Ven 19 Jan 2007 - 20:25

Je vais vous exposer la tactique qu'employa l'Empereur lors de la campagne de 1805.


1) Manoeuvre d'Augsbourg ou du Lech

Bonaparte compte que les Autrechiens, suivant leur constante routine, enverront une armée sur les débouchés de la Forêt-Noire; il fera d'ailleurs le nécessaire pour les y décider. Dès lors, c'est à Augsbourg sur le Lech, choisi comme ligne de barrage stratégique, qu'il portera son armée sur les derrières des Autrechiens. Tout au moins, tombera t'il au milieu de leurs corps s'ils sont demeurés en Bavière.

Opérations:

Il dirige ses troupes à grandes enjambées de Boulogne au Rhin. Pendant ce temps, l'armée autrechienne de Mack et du prince Ferdinand s'avance sur l'Iller.
Tandis que Lannes et la division des dragons de Baraguey d'Hilliers font des démonstrations sur la route de Kniebis pour attirer Mack sur la Forêt Noire, Napoléon, avec le gros de troupes passe le Danube sans encombre à l'embouchure du Lech. Il a choisi cette rivière marécageuse, qui coule Sud-Nord des montagnes du Tyrol au Danube, pour intercepter les lignes de retraites des Autrichiens. Prenant Augsbourg comme centre d'opération, l'Empereur tend autour de cette place son dispositif de barrage. A Augsbourg, où il se tient de sa personne, il a sa Garde et le corps de Marmont (le 2e).
A Munich, sur l'Isar, face a l'Est où l'on signale les Russes, il place en observation le 1er corps (Bernadotte) et les Bavarois. Davout (3e corps) se tient à mi-distance de Munich et d'Augsbourg. Pour couper les routes du Sud, il envoie Soult à Landsberg; de Landsberg, Soult se portera sur Memmingen. Enfin il fait marcher sur Ulm, par la rive ggauche du Danube, le 6e corps (Ney) et, par la rive droite, Murat avec sa cavalerie et le corps de Lannes.
Instruit que les Russes sont encore loin, Napoléon va investir de près l'armée autrichienne pelotonnée auprès d'Ulm. Ney remonte la rive gauche, Murat et Lannes longent la rive droite; Soult descend de Memmingen; Marmont, la Garde et la réserve d'artillerie viennet d'Augsbourg. Mack porte son armée sur la rive gauche de Danube; la bataille attendue sur l'Iller n'a pas lieu.
Ney, par une erreur de Murat, passe sur la rive droite et ouvre ainsi la rive gauche à l'armée autrichienne qui, par bonheur, reste autour de Ulm. Nos troupes l'enveloppent. Mack capitule. La manoeuvre réussit pleinement.

2) Marche sur Vienne

Débarrassé de l'armée autrichienne en Baviere, Napoléon marche sur Vienne par la rive droite du Danube, poussant devant lui l'armée russe de Kutusof qui passe sur la rive gauche pour rejoindre une autre armée russe vers Olmütz.

Manoeuvre d'Hollabrünn:

N'ayant pu accrocher Kutusof, Napoléon machine contre lui la manoeuvre d'Hollabrünn. Tandis que Bernadotte, traversant le Danube à Mölk, s'efforcera, avec l'aide de Mortier, de ralentir l'armée russe, Murat, courant de Vienne avec sa cavalerie et les corps de Lannes et de Soult, tâchera d'avoir intacts les ponts du Danube, passera sur la rive gauche et se dirigera à toute allure vers Hollabrünn pour barrer à Kutusof la route d'Olmütz.
Pendant ce temps, posté à Schoenbrunn avec les corps de Davout et de Marmont, Napoléon gardera les approches de Vienne.
Mais Murat, berné par Kutusof, qui lui parle d'armistice, laisse échapper les Russes:
Vous me faites perdre le fruit d'une campagne.
lui écrit Napoléon qui va prendre la direction de ses corps. L'Empereur entre à Brünn où la fatigue de ses troupes l'oblige à s'arrêter.

3) Attente stratégique autour de Vienne

La situation est délicate. Sur notre armée convergent des forces concidérables, russes et autrichiennes, auxquelles sont prêtes à se joindre les troupes prussiennes déjà mobilisées. Il faudrait courir vers Olmütz pour écraser les Russes, nos adversaires les plus redoutables. Mais nos troupes sont fatiguées; elles doivent de plus être tenues prêtes à marcher au secours de Marmont que l'archiduc Charles, avec l'armée autrichienne d'Italie, peut assaillir d'un jour à l'autre. Napoléon est forcé d'attendre, dans sa position centrale autours de Vienne, qu'une armée ennemie s'offre à ses coups. Bientôt, les événements se précipitent et amènent la bataille d'Austerlitz.

Manoeuvre d'Austerlitz:

Le 27 novembre, l'Empereur d'Autriche offre un armistice, stratagème pour attendre l'arrivée de la 3e armée russe. Napoléon feint d'accepter. Devinant la bataille prochaine, il appelle à lui les corps pouvant rejoindre en deux jours, c'est à dire ceux de Bernadotte et de Davout, et machine la bataille d'Austerlitz.
Ne pouvant courir sur les Russes, il les attirera à lui; Austerlitz sera une manoeuvre sur les derrières ramassée dans l'espace et le temps. Ayant sa ligne d'opérations sur Brünn, l'Empereur abandonne aux Russes les belles auteurs de Pratzen et se place derrière le Goldbach. Quand trompés par cette attitude et croyant notre ligne sur Vienne, les Russes descendent inconsidérément des hauteurs pour nous couper nos communications, Napoléon jette d'un bloc ses 65 000 hommes sur le plateau de Pratzen, c'est à dire sur leurs derrières. Il les y rappelle en désordre par cette offensive inattendue et les accable dans le flagrant délit de leur retraite précipitée.
La victoire est décisive; elle nous donne la paix de Presbourg.

de Hubert Camon
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